Galerie Philippe Lawson

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entre deux

Exposition duo de Catherine Colin & Georges Ouanounou
27 mai au 13 juin 2009
Galerie Philippe Lawson

 

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Elle est sculpteur, il est peintre et les résonances entre ces deux artistes sont multiples : dans le traitement de la couleur (les ocres et les bleus), de la forme (le corps humain), du mouvement, les références à l’Afrique et aux traces de la présence de l’homme.

Qu’il s’agisse des Archéologies de Georges Ouanounou ou des Troglodytes sculptés de Catherine Colin, la vie s’exprime par la recherche de la quintessence de la mémoire et la quête des mythes et des rites. La dualité de l’être s’exprime chez ces deux artistes par des dialogues de matières et de signes où le primitif le dispute au raffinement. La thématique du voyage les habite avec la même ferveur.

Laissons nous porter par le rêve et la puissance poétique du monde selon Catherine Colin et Georges Ouanounou, artistes singuliers liés par leur aventure artistique.

Catherine Colin > galerie

Artiste et enseignante Vit et travaille en région parisienne Elle dit qu’elle n’aime pas Balzac, pourtant les sculptures de Catherine Colin relèvent bien de la Comédie Humaine. Mais l’univers de cette artiste passionnée, prodigue et prolixe qui sculpte des cochons, des singes et des girafes, et les baobabs, s’il relève de la caricature humaine à travers les règnes animal et végétal, emprunte davantage à l’allégorie qu’à la férocité implacable de cet écrivain contempteur du genre humain.

L’impression qui domine dans le grand atelier de cette artiste est celle d’une forêt de formes luxuriantes. Le mot foisonnant s’impose naturellement au regard : les girafes protéiformes, ceinturées d’accordéon, sont dotées de seins et de fesses : passerait-on de la luxuriance à la luxure ? Chez Catherine Colin, l’émotion est à fleur de peau, les larmes proches du rire…. Ses sculptures sont de véritables sismographes, non seulement de ses états d’âme mais de l’état de ses recherches sur des questionnements philosophiques : elle aime notamment se référer à l’allégorie de la caverne de Platon sur l’homme prisonnier de l’illusion de la vie. La dualité, thème au cœur de la démarche de Catherine Colin, jaillit ici avec la même force que la sève ; c’est la vie qui triomphe, et non le malheur.

On s’éloigne du fatalisme social du XIX ème siècle, on entre dans les problématiques du monde contemporain : racisme, intolérance, incommunicabilité. On se promène de la Ferme des animaux d’Orwell aux Fables de la Fontaine, aux contes, mythes et mythologies d’Afrique et aux moines du Tibet… Catherine Colin moraliste ? Certainement pas ou pourquoi pas. Elle assume le côté rabelaisien de ses créatures.

Libérant l’homme enchaîné dans la caverne, elle invite le spectateur, au contraire, à toucher et caresser ses sculptures, à jouir de cette sensualité animale qui explose entre finesse et rudesse. La légende du baobab qui aurait été, lors de sa création, arraché puis replantée à l’envers, ne pouvait qu’attirer Catherine Colin pour qui les hommes marchent « la tête à l’envers ». Alors Moraliste ? Non. Humaniste plutôt avec tout la force du terme qui englobe pour cette artiste diplômée des Beaux-Arts, l’acquisition des humanités, un goût prononcé pour la littérature, la philosophie, les mathématiques la transmission des connaissances, le refus de toute compromission, l’éveil au mystère du monde et de l’homme.

Georges Ouanounou > galerie

C’est avec son corps que l’artiste s’investit dans son travail. Le corps est au centre du sujet en peinture. Que l’artiste tente de construire un concept, une idée philosophique, ou qu’il parte d’un modèle vivant, dès l’instant où il dessine avec son corps, le dessin résultant d’une gestuelle du bras ou du travail énergique ou en douceur de la matière, il est ramené à la réalité du corps qui se trouve présent ou représenté. Présent lorsque l’artiste laisse des marques, des parties inachevées, des parties brutes et représenté lorsque l’image est savante, rigoureuse. Dans tous les cas il n’échappe pas à la réalité du corps.

Le sujet s’impose par lui-même. Je trouve dans la répétition du motif, une manière récursive d’approcher le corps, en le mettant en mouvement, en donnant à chaque corps une forme originelle, une forme brute, une forme vraie. Dans la multitude des corps, chaque corps est singulier.

La couleur accompagne et éclaire la forme en mouvement, les fulgurances de teintes et de lumières jouent et s’imbriquent dans ces multitudes de formes. La mémoire aussi joue à plein, qu’elle soit enfouie ou consciente elle vient enrichir la palette du peintre en images, émotions, pensées. La mienne me parle d’immigration, de passage, d’entre deux, d’espace qui sépare un continent d’un autre…

Georges Ouanounou